Conférence de presse du 22 juillet 2020 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin
2020/07/22

La Chine et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes tiendront, le 23 juillet dans la matinée, une visioconférence spéciale des Ministres des Affaires étrangères sur le COVID-19 sous la coprésidence du Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi et du Ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard Casaubón.

The Paper : Selon des sources américaines, le consulat général de Chine à Houston a été obligé par les États-Unis de cesser toutes ses activités au plus tard le 24 juillet à 16 heures, et les personnels du consulat doivent partir. Pouvez-vous le confirmer ?

Wang Wenbin : Le 21 juillet, les États-Unis ont demandé brusquement que le consulat général de Chine à Houston cesse toutes ses activités. C'est une provocation politique lancée unilatéralement par la partie américaine, qui viole gravement le droit international, les normes fondamentales régissant les relations internationales et l'accord consulaire bilatéral entre la Chine et les États-Unis. La Chine exprime sa vive condamnation à cet égard et exhorte les États-Unis à retirer immédiatement leur décision erronée, sinon la Chine y répondra par des réactions légitimes et nécessaires.

Depuis un certain temps, l'administration américaine rejette sans cesse les responsabilités sur la Chine, stigmatisant et attaquant sans fondement le système social chinois, créant délibérément des difficultés aux personnels diplomatiques et consulaires chinois accrédités aux États-Unis, intimidant et interrogeant des étudiants chinois et confisquant leurs appareils électroniques personnels, voire les détenant sans raison. La fermeture unilatérale par les États-Unis du consulat général de Chine à Houston dans un délai fixe est une escalade sans précédent de leurs actions contre la Chine.

Depuis toujours, la Chine est attachée au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. L'infiltration et l'ingérence dans les affaires intérieures des autres pays ne font pas partie des gènes et de la tradition de la diplomatie de la Chine. Les missions diplomatiques chinoises accréditées aux États-Unis œuvrent toujours à faire progresser la compréhension mutuelle et l'amitié entre les deux peuples. En vertu de la « Convention de Vienne sur les relations diplomatiques » et de la « Convention de Vienne sur les relations consulaires », la Chine facilite les missions diplomatiques américaines et leurs personnels dans l'exercice de leurs fonctions. Par contre, les États-Unis ont imposé des restrictions aux personnels diplomatiques chinois aux États-Unis à deux reprises sans raison, respectivement en octobre 2019 et en juin 2020. Ils ont ouvert à plusieurs reprises et de manière illicite des valises diplomatiques chinoises et ont saisi des articles chinois pour un usage officiel. Les États-Unis intensifient de manière flagrante la stigmatisation et l'incitation à la haine contre la Chine. Notre ambassade aux États-Unis a même reçu des menaces de bombe et de mort ciblant des missions et personnels diplomatiques chinois aux États-Unis. Et l'ambassade des États-Unis en Chine publie souvent des articles attaquant la Chine sur son site web. Par comparaison, il suffit d'un seul coup d'œil pour voir qui intervient dans les affaires intérieures d'un autre pays, qui procède à l'infiltration et à la confrontation.

Les États-Unis affirment l'asymétrie des relations avec la Chine. Ce n'est qu'un prétexte totalement injustifié auquel ils font recours habituellement. En fait, les États-Unis dépassent de loin la Chine en ce qui concerne le nombre de missions diplomatiques et consulaires et celui des personnels diplomatiques dans les pays respectifs.

Nous exhortons les États-Unis à révoquer immédiatement leur décision erronée. S'ils insistent pour agir jusqu'au bout envers et contre tout, la Chine réagira par des contre-mesures fermes.

CRI : L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues un nouvel épicentre de la pandémie de COVID-19. Quelle est la signification particulière de cette réunion dans un tel contexte ?

Wang Wenbin : Alors que la pandémie de COVID-19 fait des ravages dans le monde entier, la Chine et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, bien que séparés par des océans, luttent en solidarité contre cet ennemi commun et mènent une coopération pragmatique et efficace dans l'intérêt des peuples. La convocation de cette visioconférence spéciale des Ministres des Affaires étrangères dans un tel contexte permettra de consolider le consensus entre les deux parties sur la lutte commune contre la pandémie, de renforcer la confiance politique mutuelle, de défendre le multilatéralisme, pour construire par des actions concrètes une communauté de destin pour la Chine et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes et contribuer à la création d'une communauté de destin pour toute l'humanité.

Reuters : Des pompiers locaux affirment qu'il y a eu un incendie à l'intérieur du consulat général de Chine à Houston. Quel est le commentaire de votre Ministère à ce sujet ?

Wang Wenbin : Le consulat général de Chine à Houston fonctionne normalement.

CNR : Les États-Unis ont précédemment déclaré avoir des preuves que le nouveau coronavirus provenait du laboratoire de l'Institut de Virologie de Wuhan. Le Département d'État américain a récemment publié une dépêche diplomatique concernant la visite des responsables américains à l'Institut de Virologie de Wuhan en 2018, ce qui attire à nouveau l'attention de la communauté internationale sur les questions concernées. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : J'ai pris note des reportages concernés. S'agissant de l'Institut de Virologie de Wuhan, M. Yuan Zhiming, directeur de la branche de Wuhan de l'Académie des Sciences de Chine et directeur du Laboratoire national de biosécurité de Wuhan, a donné une présentation complète lors d'une interview exclusive. Il a souligné que le Laboratoire dispose d'installations de biosécurité de haut niveau et d'un système de gestion strict, et que tous les scientifiques ne sont autorisés à entrer dans le Laboratoire que lorsqu'ils ont des qualifications et approbations après une formation systématique sur les théories et les pratiques.

Quelques politiciens américains ont violé la ligne de fond de la moralité en répandant toutes sortes de rumeurs et en prétendant même qu'ils disposaient d'une « grande quantité de preuves » pour soutenir la « vérité ». Les reportages révèlent au monde une fois de plus qu'il n'y a pratiquement rien de convaincant dans les « preuves » ou la « vérité » prétendues par la partie américaine. Même des experts américains de premier plan ont déclaré qu'ils n'avaient pas vu de preuves soutenant l'idée que le virus provenait d'un laboratoire. En parlant de la vérité, nous espérons que l'administration américaine pourra s'expliquer au peuple américain et à la communauté internationale pour dire la vérité sur le Laboratoire de Fort Detrick.

Reuters : Le Ministère américain de la Justice a intenté un procès mardi contre deux ressortissants chinois pour crime d'espionnage, affirmant que les deux personnes se livrent à des cyberattaques et à des activités de vol de secrets depuis plus de 10 ans en ciblant des entrepreneurs américains de la défense et des chercheurs sur les virus. Les États-Unis ont également déclaré que les deux étaient employés par le gouvernement chinois. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Le gouvernement chinois est un ferme défenseur de la cybersécurité et s'oppose depuis toujours aux cyberattaques et à la cybercriminalité sous toutes leurs formes, qu'il combat fermement. Nous exhortons les États-Unis à cesser immédiatement de calomnier la Chine sous prétexte de cybersécurité.

Je voudrais attirer votre attention sur le fait que, selon les médias américains, les hackers américains élargissent leur champ de cyber-vol suite à l'autorisation de l'administration américaine. L'incident PRISM et d'autres affaires similaires ont prouvé que les États-Unis ont mené des cyber-vols sur la plus grande échelle dans le monde. Les États-Unis accusant d'autres pays de cyberattaques jouent le jeu du voleur criant au voleur.

Il est encore plus préoccupant que les pirates informatiques soutenus par le gouvernement américain n'ont même pas besoin d'une autorisation de haut niveau pour lancer des cyberattaques contre les infrastructures clés d'autres pays, ce qui entraîne des dommages plus importants que le cyber-vol, car cela pourrait facilement déclencher une erreur d'évaluation stratégique interétatique, donc des conséquences plus graves que des cyber-vols.

La sauvegarde de la paix et de la stabilité du cyberespace correspond aux intérêts communs de tous les pays. Le cyberespace ne devrait pas être un nouveau champ de bataille. Les pays qui recherchent l'hégémonie dans le cyberespace à travers la cyber-stratégie offensive finiront par se soulever une pierre pour se la laisser retomber sur les pieds.

South China Morning Post : Pouvez-vous nous donner le contenu précis de la note américaine envoyée à la Chine sur la fermeture du consulat général de Chine à Houston ? Y a-t-il un délai, comme 72 heures par exemple ? Pour quelle raison les États-Unis ont-ils demandé à la Chine de fermer son consulat général à Houston ?

Wang Wenbin : Comme je l'ai dit tout à l'heure, le 21 juillet, les États-Unis ont demandé brusquement que le consulat général de Chine à Houston cesse toutes ses activités. C'est une provocation politique lancée unilatéralement par la partie américaine. Nous exhortons les États-Unis à retirer immédiatement leur décision erronée, sinon la Chine fera des réactions légitimes et nécessaires.

Reuters : Après la fermeture du consulat général de Chine à Houston, les personnels chinois du consulat général retourneront-ils en Chine ou resteront-ils aux États-Unis ?

Wang Wenbin : Ce que j'ai à dire, c'est que, face aux agissements injustifiés des États-Unis, la Chine aura les réactions nécessaires pour sauvegarder les droits et intérêts légitimes de la Chine.

China Daily : Le 20 juillet, heure locale, le Conseil de l'Union européenne a décidé d'autoriser la signature de l'accord Chine-UE sur les indications géographiques. Il s'agit du premier accord commercial bilatéral majeur qui permettra de protéger 100 indications géographiques de chaque partie. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

Wang Wenbin : La Chine se félicite que l'UE ait autorisé la signature de l'accord Chine-UE sur les indications géographiques (IG).

Depuis la fin de leurs négociations sur les indications géographiques en octobre 2019, la Chine et l'UE ont respectivement entamé les procédures internes de ratification, et la Chine les a accomplies. Il s'agit du premier accord bilatéral global de haut niveau signé par la Chine sur les indications géographiques, et du premier accord commercial majeur conclu entre la Chine et l'UE ces dernières années. C'est un accord monumental pour approfondir la coopération commerciale sino-européenne, il apportera de plus grands avantages aux populations des deux parties et démontre pleinement la détermination du gouvernement chinois à faire progresser l'ouverture de haut niveau et la protection des droits de propriété intellectuelle.

La Chine est prête à travailler avec l'UE pour élargir l'ouverture dans les deux sens, approfondir la coopération pragmatique, obtenir des résultats gagnant-gagnant et contribuer à la reprise économique en Chine, dans l'UE et dans le monde.

NHK : Des navires de la garde côtière chinoise patrouillent dans les eaux au large des îles Diaoyu depuis 100 jours consécutifs, et le Japon a protesté à plusieurs reprises auprès de la Chine. Pourquoi la Chine patrouille-t-elle dans ces eaux ?

Wang Wenbin : Les îles Diaoyu et ses îlots affiliés font partie intégrante du territoire chinois depuis les temps anciens. La patrouille et l'application de la loi par les navires de la garde côtière chinoise dans les eaux des îles Diaoyu sont un droit inhérent à la Chine. Nous n'acceptons pas la soi-disant « protestation » du Japon. Les deux parties doivent agir conformément au consensus de principe en quatre points, gérer correctement la situation sur place et empêcher l'escalade des tensions.

Agence de presse Xinhua : Selon des informations, le 20 juillet, le Ministre indien des Affaires extérieures S. Jaishankar a déclaré, lors d'une réunion, que « le non-alignement était un terme géopolitique d'une époque particulière », mais que l'Inde ne ferait jamais partie d'une alliance. Les changements de l'échiquier mondial, y compris les États-Unis et la Chine, ouvraient des espaces pour des puissances moyennes comme l'Inde, le Japon et l'UE. Il a également déclaré que « la conséquence du repositionnement stratégique des États-Unis a permis aux pays protégés par eux de mieux jouer leur rôle autonome. Cela ne nous affecte pas beaucoup, car nous n'avons jamais fait partie d'un système d'alliance et nous ne le ferons jamais. Mais les pays qui dépendaient des États-Unis constateront qu'ils doivent eux-mêmes en assumer les responsabilités ». Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Wang Wenbin : Nous avons pris note des reportages concernés. Nous espérons, et nous en avons la certitude, que l'Inde, en tant que force importante dans le processus de multipolarisation du monde, sera en mesure de maintenir sa politique étrangère indépendante et de sauvegarder la paix et la stabilité régionales par des actions concrètes, et de jouer un rôle constructif dans les affaires internationales.

South China Morning Post : Le Secrétaire américain à la Défense Mark Esper a déclaré qu'il espérait effectuer une visite en Chine d'ici la fin de l'année pour entamer une meilleure coopération et négociation sur la gestion de crise et les canaux de communication avec la Chine. La Chine est-elle ouverte et favorable au souhait de Mark Esper ?

Wang Wenbin : Nous avons noté la prise de position du Secrétaire à la Défense Mark Esper. Quant à votre question spécifique, je vous conseille de vous renseigner auprès du Ministère chinois de la Défense.

Les relations entre les armées sont une partie importante des relations sino-américaines. Nous espérons que les États-Unis créeront une atmosphère positive aux échanges et au dialogue entre les deux pays et les deux armées.

AFP : Mike Ryan, directeur du programme des urgences de l'OMS, a déclaré vendredi dernier que les experts du groupe précurseur envoyés en Chine sont toujours en quarantaine. Quand la quarantaine sera-t-elle levée ? Et peuvent-ils travailler actuellement dans des endroits hors de l'hôtel ? Et quelles sont leurs nationalités ? Auront-ils un accès à tous les dossiers, sites et laboratoires concernés dans leur enquête ?

Wang Wenbin : La Chine entretient une communication et une coopération étroites avec l'OMS depuis la survenue du COVID-19. La Chine est maintenant à une étape cruciale pour contrer le risque d'importation de cas et de rebond à l'intérieur du pays. Malgré cette tâche assidue, la Chine est le premier pays à avoir donné son accord pour mener une coopération scientifique avec l'OMS sur l'identification de l'origine du virus, et invité des experts de l'OMS à discuter ensemble de la recherche sur l'origine du virus fondée sur la science, dans le but de soutenir une réponse plus efficace à l'épidémie au niveau mondial et d'apporter une nouvelle contribution à la coopération anti-épidémique internationale et à la santé publique mondiale. Cela démontre pleinement l'attitude ouverte, transparente et responsable de la Chine. M. Ryan a également affirmé que, pour n'importe quel pays, inviter une équipe internationale pour mener une coopération ouverte avec elle est une mesure supplémentaire. Nous espérons que tous les pays concernés adopteront une attitude positive comme la Chine et coopéreront avec l'OMS.

Bloomberg : Premièrement, le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo a félicité, le 21 juillet, le Royaume-Uni pour sa position dure à l'encontre de la Chine, et a signalé que le Royaume-Uni et les États-Unis prévoyaient une action plus coordonnée et la solidarité pour faire face à la menace provoquée par le PCC. Quel est votre commentaire à ce sujet ? Deuxièmement, la Chine et la France ont déclaré qu'elles chercheraient à coopérer davantage sur la 5G et l'aéronautique. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

Wang Wenbin : Je vais d'abord répondre à votre deuxième question. Le Vice-Premier Ministre Hu Chunhua et le Ministre français de l'Économie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire ont coprésidé le 7e Dialogue économique et financier de haut niveau Chine-France le 21 juillet, au cours duquel les deux parties ont échangé des points de vue approfondis sur la coopération anti-épidémique sino-française, la coordination internationale des politiques macroéconomiques et la coopération bilatérale dans les domaines clés et les grands projets, et ont réalisé de multiples résultats. La Chine a publié un communiqué de presse concernant les détails.

En ce qui concerne la coopération sur la 5G, la Chine et la France préserveront conjointement un environnement de marché équitable et non discriminatoire et encourageront les entreprises de différents pays à participer à la construction du réseau 5G conformément aux principes de marché et de sécurité. Concernant les achats d'avions, la Chine et la France attachent une grande importance et entendent renforcer leur partenariat stratégique dans le domaine de l'aéronautique. Les deux parties soutiennent Airbus et Air China pour approfondir leur coopération sur la base des avantages réciproques et d'une consultation amicale.

Concernant votre première question, ces derniers temps, Pompeo n'a ménagé aucun effort pour attaquer et discréditer la Chine, y compris par des attaques idéologiques délibérées, et pour présenter la Chine comme une menace. Sa rhétorique est pleine de mensonges et de tromperies, révélant la grave erreur d'évaluation stratégique dans la politique chinoise des États-Unis, pleine de paranoïa maccarthyste.

La vérité est aiguisée par le débat, mais un mensonge reste un mensonge même s'il est répété mille fois. Pompeo a affirmé que le nouveau coronavirus venait de Wuhan, mais il n'a pu montrer aucune preuve. Il a également affirmé que le virus provenait d'un laboratoire à Wuhan, mais toujours sans aucune preuve. Sa dernière affirmation est que la Chine exploitait la pandémie pour faire du profit, là encore sans aucune preuve. Pompeo se contredit et raisonne comme un panier percé non pas parce qu'il ne peut pas voir la vérité, mais parce qu'il a délibérément exploité la pandémie pour effectuer des manipulations politiques et dissimuler un mensonge par un autre. C'est un secret de polichinelle. Ce qu'a dit Pompeo n'a aucune crédibilité.

Les efforts des États-Unis pour former des coalitions et susciter une confrontation idéologique dans les relations internationales vont à l'encontre de la tendance à la paix, au développement et à la coopération et aux souhaits de la plupart des pays du monde. Ils sont voués à l'échec. Depuis l'épidémie de COVID-19, la Chine partage les informations avec la communauté internationale de manière ouverte, transparente et responsable, participe activement à la coopération internationale et fournit assistance et soutien à d'autres pays dans la mesure de ses capacités. Les efforts et les réalisations de la Chine dans la lutte contre la pandémie mondiale sont universellement reconnus.

L'homme doit avoir la qualité du bambou, souple et résilient dans les vents les plus violents. En tant que grand pays responsable, la Chine défendra fermement sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts en matière de développement, rejettera résolument la pratique de l'intimidation et l'injustice, et renforcera le dialogue et la coopération avec les différents pays pour bâtir une communauté de destin pour l'humanité.

AFP : La France a critiqué l'emprisonnement des Ouïgours comme étant inacceptable et a appelé à ce que des observateurs indépendants des droits de l'homme se rendent dans le Xinjiang. La Chine permettra-t-elle à des observateurs internationaux des droits de l'homme ou à la Haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU d'entrer dans le Xinjiang ?

Wang Wenbin : Nous avons répondu à plusieurs reprises aux fausses informations et accusations concernant le Xinjiang et donné des éclaircissements à ce sujet. Les questions liées au Xinjiang ne concernent en aucun cas les droits de l'homme, la religion ou l'appartenance ethnique, mais la lutte contre le terrorisme violent et le séparatisme. Je voudrais profiter de cette occasion pour vous présenter la véritable situation des droits de l'homme au Xinjiang.

Commençons par le mensonge désignant les centres d'enseignement et de formation professionnels du Xinjiang comme des « camps de concentration », où « un million d'Ouïgours sont détenus ». Quelle est la vérité alors ? La vérité est que la création des centres d'enseignement et de formation professionnelle est une exploration significative et utile de la lutte antiterroriste préventive et de la déradicalisation, ayant pour objectif d'éradiquer l'extrémisme et d'empêcher l'escalade des activités terroristes violentes. Le principe fondamental du respect et de la protection des droits de l'homme conformément à la Constitution et aux lois chinoises est strictement respecté dans ces centres, afin de protéger pleinement la dignité personnelle des stagiaires contre toute violation. Les insultes personnelles et les mauvais traitements des stagiaires de quelque manière que ce soit sont strictement interdits. Tous les stagiaires bénéficient de la liberté individuelle. Les centres sont gérés comme des internats et les stagiaires peuvent rentrer chez eux et demander un congé pour régler leurs affaires personnelles. Le droit des stagiaires d'utiliser les langues parlées et écrites de leurs ethnies est pleinement protégé. Le règlement, les horaires de cours et les menus sont rédigés en langue chinoise et en langues des ethnies minoritaires ; les us et coutumes des stagiaires de différentes ethnies sont pleinement respectés et préservés, des aliments musulmans nutritifs et d'une grande variété sont fournis gratuitement aux stagiaires originaires des ethnies minoritaires ; la liberté de croyance religieuse des stagiaires est pleinement respectée et protégée, et les stagiaires croyants peuvent décider en autonomie de leur participation à des activités religieuses légales à leur retour à la maison.

La « détention d'un million d'Ouïgours dans des centres d'enseignement et de formation professionnels » est d'autant plus un mensonge inventé de toutes pièces. Cette rumeur sensationnelle a été fabriquée et diffusée pour la première fois par le Network of Chinese Human Rights Defenders, une organisation non gouvernementale soutenue par l'administration américaine. Cette organisation, basée sur des interviews de huit Ouïgours et des estimations approximatives, a conclu que 10% des 20 millions d'habitants du Xinjiang sont détenus dans des « camps de rééducation ». Une telle manipulation médiocre est tout simplement absurde.

Passons maintenant au mensonge de la discrimination contre les ethnies minoritaires dans le Xinjiang. Quelle est la vérité alors ? La vérité est que le Xinjiang considère toujours le traitement judicieux des affaires liées aux différentes ethnies comme un travail fondamental mettant en jeu la durabilité de la stabilité sociale. Le Xinjiang met en application sur tous les plans la politique ethnique élaborée par l'État, la Constitution et la « Loi de la République populaire de Chine sur l'autonomie ethnique régionale ». Il s'en tient à l'égalité de toutes les ethnies, garantit réellement le droit des habitants de toutes les ethnies à participer sur un pied d'égalité à l'administration des affaires de l'État et à gérer indépendamment leurs propres affaires dans leurs régions respectives. Des efforts sont déployés pour promouvoir l'unité de toutes les ethnies, leur prospérité et développement communs, ce qui a permis de consolider les relations ethniques socialistes caractérisées par l'égalité, la solidarité, l'entraide et l'harmonie. Il n'est pas question de « discrimination des ethnies minoritaires » ou d'« élimination de leur identité ethnique ».

Le gouvernement de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang protège pleinement les us et coutumes de toutes les ethnies en matière d'aliments, de fêtes, de mariages et de funérailles, garantit en vertu de la loi leur droit d'utiliser et de développer leurs langues parlées et écrites, assure la préservation et le rayonnement de leur belle culture traditionnelle, encourage la formation et la promotion des responsables d'origine des ethnies minoritaires, et garantit le droit des habitants de toutes les ethnies de participer à la gestion des affaires de l'État sur un pied d'égalité et de gérer en indépendance les affaires de leurs propres ethnies dans leurs régions respectives. Le Xinjiang préserve résolument la solidarité ethnique et organise des activités ayant pour thème « la solidarité ethnique en une famille » et des rencontres amicales entre différentes ethnies pour promouvoir l'entente harmonieuse, la solidarité et le développement de toutes les ethnies.

Il y a aussi des mensonges selon lesquels la liberté religieuse a été restreinte, et les musulmans réprimés dans le Xinjiang. Mais quelle est la vérité au fond ? La vérité est que, récemment, certains politiciens et médias aux États-Unis et en Occident ont stigmatisé la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme menée dans le Xinjiang conformément à la loi, comme une restriction de la liberté de croyance religieuse et une répression des musulmans. Ils ont même inventé une grande quantité de mensonges sur l'emprisonnement et la persécution de personnalités religieuses.

Mais en fait, les efforts de lutte contre le terrorisme et de déradicalisation au Xinjiang ont été déployés dans le cadre de la loi et ne visent aucune ethnie ni religion spécifique. Ceux qui sont punis pour leurs crimes conformément à la loi sont des criminels qui propagent des idées religieuses extrémistes et se livrent à des activités séparatistes, d'infiltration, de sabotage et de terrorisme violent sous le couvert de la religion. Ils excluent et persécutent les personnalités religieuses qui pratiquent l'idée de modération et de droiture, répandent l'extrémisme et déforment sans vergogne les doctrines et les règles religieuses en profitant des sentiments religieux des croyants, et associent l'extrémisme à la religion. Ils sont allés jusqu'à nier tous les concepts laïques et toutes les réalisations de la civilisation moderne, prêchent que les « martyrs djihadistes iront au paradis », incitent les croyants à considérer tous ceux qui refusent de suivre les pratiques extrêmes comme des « païens », et font de certaines personnes des terroristes dont la mentalité est entièrement contrôlée par eux.

Dans le même temps, le gouvernement de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang protège la liberté de croyance religieuse des habitants de toutes les ethnies conformément à la loi, et il appartient entièrement aux citoyens de choisir en indépendance s'ils croient en une religion ou non. Il améliore en permanence les services publics dans les mosquées, a mis en place l'Institut islamique de Chine et ses huit branches pour former des talents islamiques de réserve, et réalise la traduction et la publication des classiques religieux en chinois, ouïgour, kazakh et kirghiz. Depuis 1996, le gouvernement de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang a organisé des vols charters pour plus de 50 000 musulmans afin qu'ils fassent des pèlerinages en Arabie saoudite.

Les faits ont prouvé que la politique religieuse de la Chine s'adapte aux conditions nationales de la Chine et à la réalité du Xinjiang, et que le principe constitutionnel de la liberté de croyance religieuse est pleinement mis en œuvre dans le Xinjiang. Quiconque respecte les faits ne peut nier la situation de liberté de croyance religieuse dans le Xinjiang aujourd'hui. Nous nous opposons fermement à la politisation de la question religieuse et à l'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine sous prétexte de questions religieuses.

Tous ceux qui ont une attitude objective et juste sont les bienvenus pour visiter le Xinjiang et voir de leurs propres yeux la situation réelle du Xinjiang, pour qu'ils ne se laissent pas duper par les rumeurs et les calomnies.

AFP : Merci pour votre présentation complète des centres d'enseignement et de formation du Xinjiang. Je voudrais juste savoir précisément si vous parlez des centres d'enseignement et de formation qui fonctionnaient autrefois ou ceux d'aujourd'hui.

Wang Wenbin : Tous les stagiaires qui ont reçu une formation concernant la langue chinoise, le savoir-faire juridique, les compétences professionnelles et la déradicalisation ont terminé leurs études et intégré la société pour commencer une vie tranquille.

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