Le rêve des jeunes aspirants ingénieurs africains en Chine
2016/11/24

Par PENG Mengyao

"Pourquoi ai-je choisi la Chine pour mes études? Parce que je crois que la technique et le système chinois sont aussi avancés que ceux des pays occidentaux, mais sont encore plus pratiques et s'adaptent mieux aux pays en développement", répond Eugene Ansah, l'un des quatre premiers Ghanéens à étudier la technologie de train à grande vitesse en Chine. Comme lui, les jeunes talents africains sont de plus en plus nombreux à souhaiter devenir des ingénieurs "Fabriqués en Chine".

L'Université des transports et des communications de Beijing (Beijiaoda), où Eugene suit son Master, est le premier établissement d'enseignement supérieur chinois à avoir formé un grand nombre d'ingénieurs et de techniciens africains. En 1972, Beijiaoda a accueilli un premier groupe de 200 étudiants tanzaniens et zambiens dans le cadre du projet de chemin de fer Tanzanie-Zambie, qui est jusqu'à ce jour l'un des plus grands projets d'aide au développement entrepris par la Chine à l'étranger. Une fois rentrés chez eux, la plupart de ces étudiants sont devenus des cadres dans l'administration des transports des deux pays.

Mulenga Friday Mcsleezy, directeur de l'aéroport international Kenneth Kaunda de Lusaka, en Zambie, a fait ses études à Beijiaoda entre 1979 et 1983. "Certains manuels scolaires avaient été rédigés exprès pour nous pour que nous puissions mieux nous adapter. Le gouvernement chinois nous a offert des bourses qui équivalaient au salaire d'un cadre intermédiaire à l'époque. Certains d'entre nous, notamment ceux qui sont allés en Chine au début des années 1970, avaient même eu l'occasion d'être reçus au Grand Palais du peuple par les dirigeants chinois: Zhou Enlai, Deng Xiaoping...", se souvient-il.

Quatre décennies plus tard, 158 jeunes issus de 33 pays africains poursuivent aujourd'hui sur ce même campus le rêve de devenir ingénieurs. Comme les 25 Kenyans arrivés en mars 2016 pour la construction du chemin de fer Mombasa-Nairobi, qui reliera le premier port d'Afrique orientale et la capitale kenyane, de nombreux jeunes africains étudient dans le cadre de programmes financés par les gouvernements ou par des entreprises chinoises, qui visent à améliorer les infrastructures des pays africains.

Dans un autre quartier de la capitale chinoise, l'ambition des talents africains s'étend au-delà de la terre. A l'Université d'aéronautique et d'astronautique de Beijing (Beihang), ils viennent apprendre les technologies qui lèvent le regard de l'humanité vers le ciel et l'espace.

"Ici à Beihang, nous avons plus de 200 étudiants africains. Avec leur formation spécialisée et leur connaissance de la Chine, nos diplômés sont très demandés sur le marché de l'emploi", indique Weng Jingnong, doyen de la faculté internationale de Beihang, qui ajoute que les entreprises chinoises en quête de marchés étrangers souhaitent tout particulièrement les recruter.

"Ils aident ces entreprises à franchir les frontières en transmettant non seulement les technologies, mais aussi les 'idées' chinoises aux pays africains ainsi qu'au monde entier", souligne M. Weng.

Ceux qui préfèrent une carrière universitaire ou scientifique trouvent également leur place. "Le sens de la responsabilité sociale et l'ambition professionnelle de ces jeunes Africains nous touchent souvent. Par exemple, nous avons une fille kenyane très travailleuse et active à la Faculté d'astronautique. Elle nous dit que son rêve est de devenir la première femme astronaute africaine."

En 2014, le Centre régional des Nations Unies pour l'enseignement des sciences et des technologies spatiales en Asie-Pacifique a été établi à Beihang sous l'égide du Bureau des affaires spatiales des Nations Unies (UNOOSA). "Nous avons plusieurs étudiants africains en passe de devenir de futurs experts internationaux en télédétection, technologie des satellites, droit et politique de l'espace... Ils pourraient devenir de véritables pionniers en promouvant les technologies spatiales en Afrique", estime M. Weng

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